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Heart of the beast-un film qui ne casse pas trois pattes, et un chien

Je partais déjà pessimiste sur ce que j’allais voir, mais je gardais une note d’espoir avec “Fury”, du même réalisateur, et que j’avais globalement bien aimé. Le film a dépassé mes attentes, et est encore plus nul que prévu…

Synopsis: Après un terrible crash d’avion, James Belmont, ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin, depuis toujours à ses côtés. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble. 

Budget: 82 millions de $

Entre effets spéciaux affreux, et une histoire caricaturale, bienvenue dans le monde merveilleux de David Ayer:

Un parallèle entre Odin et James Belmont

Nos deux protagonistes partagent un passé semé de violence, et de guerre. James Belmont était un agent des forces spéciales, tandis qu’Odin était un chien de combat. Pour se reposer, et couler des jours heureux, les deux compères se trouvent en Alaska loin de l’humanité, et de ses travers. L’idée est belle sur le papier, et pourrait poser de bonnes questions…

Le scénariste Cameron Alexander, et le réalisateur David Ayer, n’en font rien du tout, et encore pire, ils tombent dans une caricature, avec des flashbacks qui sont mal filmés et qui ont un filtre marron, absolument affreux. Ce film fait tout pour nous attacher au chien, et joue sur la carte de la sensibilité: chose écœurante, et qui ne respecte pas le spectateur. James Belmont reste, quant à lui, un soldat américain, qui a des traumatismes, et qui survit à presque tout. Il n’a aucun remord sur ce qu’il a fait, et des personnes qu’il a tuées.  Nous avons même droit à un flashback de lui, en train de marcher, et des flammes derrière qui surgissent. Comment David Ayer a pu en arriver à un tel film? Lui qui a écrit Training Day, qui reste un classique pour beaucoup de personnes. Son passé de militaire, après avoir côtoyé les gangs de LA, aurait pu éviter ce manichéisme, et ses excès d’écriture. On retrouve le David Ayer de Bright, Suicide Squad…et non, celui de Fury, film que j’ai apprécié. 

L’universalité du traumatisme, des émotions…est traitée, notamment avec les scènes de cauchemar d’Odin,ou avec sa patte manquante. Pour autant, tout paraît superficiel, cela reste un sujet de forme, et non de fond.

Un parcours superficiel à toute épreuve

Le lien avec la Nature aussi, est un sujet flirté, mais les animaux rencontrés, faits en CGI plus que douteux, nous éloignent de cela. Comment croire à un univers naturaliste qui nous met des animaux en CGI, très visibles? 

L’ours, les loups, et les élans,sont superficiels, et très mal conçus. L’ours est gigantesque, et fait trop “méchant” pour y croire. La scène du regard avec Odin est terriblement gênante. De plus, les loups ont un côté horrifique, qui ne peut pas s’inscrire dans le réel. 

Certains paysages sont clairement faux, le film se veut immersif, mais la superficialité nous laisse vraiment de côté. La photo de Mauro Fiore (directeur de la photographie d’Avatar), sauve certaines séquences, mais ne peut rien faire face au désastre scénaristique. 

Le symbolisme est présent,et arrive avec de gros souliers: JK Simmons, acteur talentueux, qui apparaît avec son crâne sur la barque, et la scène de noyade comme seconde naissance (clin d’oeil au baptême chrétien). Cette histoire est paradoxale: un film dans la Nature, avec un symbolisme chrétien, qui se veut universel, et au-dessus de toute loi naturelle.

N’oublions pas que cette œuvre a pour fil rouge la survie. Cette dernière est inexistante, nous avons l’impression que tout est facile pour notre personnage principal. Nous avons tout simplement des extraits de survie, avec des obstacles surréalistes (loups, ours, arbres…). La conclusion de ce récit est propagandiste (le message avec les 3000 chiens), et essaye de tirer des larmes d’une façon superficielle…

Pour conclure, n’allez surtout pas voir ce film. Entre superficialité du récit, et de la mise en scène, ainsi qu’une propagande américaine certaine, le dernier film de David Ayer est un ratage complet, et nous sommes qu’au début de l’ère Paramount (tenu par des amis de Trump…). 

Note: 1/5

Bastien

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3 commentaires

  1. Au moins ça a le mérite d’être clair ! Il y a des critiques qui donnent envie d’aller voir une œuvre, et d’autres qui donnent de bonnes raisons d’aller vers autre chose (mais d’aller au cinéma quand même !). Ça donne le sentiment d’être un sacré gâchis en effet, il y avait, dans le synopsis, de quoi faire du beau avec de l’engagement.

  2. Marre des romans avec leurs chiens qui ne jouent que sur la corde sensible des lecteurs alors les films, j’ai encore moins envie d’aller les voir !

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